Voués à Ishtar. Syrie, janvier 1934, André Parrot découvre Mari

Voués à Ishtar. Syrie, janvier 1934, André Parrot découvre Mari

Sous la direction de Sophie Cluzan et Pascal Butterlin

Beyrouth, Presses de l’Ifpo, 2014

Guides archéologiques de l’Institut français du Proche-Orient n°11

ISBN : 978-2-35159-394-3

313 pages 

Prix : 30 €

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Ouvrage co-édité avec l'Institut du Monde Arabe
Avec la collaboration exceptionnelle du musée du Louvre 
Avec la participation de la mission archéologique française à Tell Hariri / Mari.  

 

Préface


Jack Lang
Président de l’Institut du monde arabe

Il y a tout juste quatre-vingts ans, à peine une vie d’homme, André Parrot mettait au jour en Syrie une petite statue avec une inscription sur l’épaule qui lui révélait le nom ancien de la ville, Mari, dont la fouille débutait. À regarder les photographies en noir et blanc prises alors, on peut aisément concevoir l’émotion qu’il en ressentit. Cependant, loin de la vision romantique de l’archéologue-héros développée depuis par un certain cinéma, les photographies des premières campagnes conduites sur le site montrent un quotidien différent, soucieux d’une vision à la fois large des vestiges dans leur environnement, grâce aux photos aériennes prises avec le concours de l’armée, et au plus près du sol d’où sont, patiemment, excavés les fondations de cet ensemble urbain ainsi qu’un abondant matériel, catalogué avec soin, soir après soir.

Ces clichés, et les archives qui s’y rattachent, disent également une aventure humaine : celle des membres français de la mission archéologique, celle des Syriens de la région qui prennent une part active aux travaux de déblaiement, et celle d’une fierté partagée autour de la conscience d’une découverte majeure. Ces documents, connus jusque-là des seuls spécialistes, dialoguent dans l’exposition avec les pièces et les oeuvres échues au musée du Louvre au titre du partage du produit de la fouille ; ils rendent celles-ci presque familières.

Presque, car parmi ces pièces des statues d’hommes et de femmes éveillent notre curiosité par ce regard vers un au-delà qu’elles rendent aussi palpable que le monde d’ici-bas. Trouvées dans le périmètre d’un édifice identifié comme un temple, elles rendaient hommage à Ishtar, déesse de pouvoir et d’amour, ce dernier dans une forme excessive. N’est-ce pas à Mari seulement qu’Ishtar est dite « virile »… Autant de conjectures qui ont nourri la recherche et conduisent aujourd’hui à de nouvelles interprétations.

L’exposition montre aussi qu’après l’enthousiasme des premières découvertes, le travail s’est inlassablement poursuivi au fil des décennies, avec des résultats qui à chaque étape ont ouvert d’autres perspectives. La présence de l’effigie royale d’Ishqi-Mari au musée de l’Institut — un dépôt du musée d’Alep — est à l’origine du projet, porté avec enthousiasme par le département des Antiquités orientales du musée du Louvre et la Mission archéologique de Mari ; un projet qui s’inscrit évidemment dans la mission collective de la sauvegarde du patrimoine à l’origine de la construction de l’identité des peuples.

 

Sommaire


 

Préfaces
Jack Lang, Président de l’Institut du monde arabe, p. 3
Jean-Luc Martinez, Président-directeur du musée du Louvre, p. 5 
Comité d’organisation, p. 9 
Remerciements, p. 11 
Avertissement, p. 17

Introduction

Voués à Ishtar, p. 19
Pascal Butterlin, Sophie Cluzan et Éric Delpont
Allégorie, p. 27
Sophie Cluzan

Partie I

André Parrot et l’histoire de la mission de Mari, p. 29

André Parrot et la découverte du temple d’Ishtar en perspective, p. 31
Pascal Butterlin 
André Parrot, Mari et le musée du Louvre, p. 43 Sophie Cluzan et Pascal Butterlin
La Mission archéologique de Mari, documents et photographies, p. 47

Partie II

Mari au IIIe millénaire, p. 113

Mari au IIIe millénaire à l’époque des cités sumériennes, p. 115
Camille Lecompte

Partie III

Architecture, p. 129

Le temple d’Ishtar : ce que l’on peut en dire 80 ans après la fouille, p. 131 
Jean-Claude Margueron
Céramiques et chronologie, le mobilier du tombeau 300 et du temple, p. 149
Pascal Butterlin

Partie IV

Mari et le monde, p. 155

De l’or, du lapis-lazuli et de la cornaline, le temple d’Ishtar à Mari, miroir du « système-monde » sumérien ?, p. 157
Pascal Butterlin
Le métal du temple d’Ishtar et ses abords : dépôts de fondation et autres objets, p. 167 
Juan-Luís Montero Fenollós
Les vases en chlorite du temple d’Ishtar et le « système-monde » sumérien, p. 175  
Pascal Butterlin
La Mission archéologique de Mari, catalogue des objets, p. 189

Partie V

La sculpture, p. 237 

M. 139 : un fragment de stèle, p. 239
Jean-Claude Margueron
La sculpture votive du temple d’Ishtar, p. 241
Sophie Cluzan
Les statues inscrites du temple d’Ishtar, p. 253
Sophie Cluzan et Camille Lecompte

Partie VI

La glyptique, p. 273

La glyptique du secteur du temple d’Ishtar à Mari, p. 275  
Dominique Beyer et Camille Lecompte

Partie VII

La nacre, p. 283

Les éléments d’incrustation en coquille : situation, matériau, considérations techniques et esthétiques, p. 285
Béatrice Muller
Reconsidération iconographique de l’Étendard de Mari et des incrustations en coquille du temple d’Ishtar, p. 295
Barbara Couturaud

Partie VIII

La parure, p. 301 
Les parures du temple d’Ishtar, p. 303  
Monique Buresi

Bibliographie, p. 307
Crédits photographiques, p. 313


Exposition au musée de l’Institut du monde arabe
23 janvier - 4 mai 2014

 

Avec la collaboration exceptionnelle du musée du Louvre